Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 19:58

 

Questions

1. « On dit que... On parle...» Quelle démarche annoncent ces termes ? A quoi doit-on s’attendre ? Que va faire le philosophe ? réponse : Ces termes annoncent l'expression d'un on-dit, On s'attend à ce que le philosophe nous présente un discours de l'opinion sur un élément de la réalité, ici, il s'agit du temps. Sans la moindre hésitation, L'opinion affirme que «le temps passe», elle proclame qu'il «coule» » en utilisant la métaphore de la rivière, mais est-il vrai que « le temps passe »ou « coule » comme une rivière?On s'attend à ce que le philosophe dégage les implications ou postulats de l'opinion et qu'il confronte son discours à la réalité.

2. « à considérer les choses elles-mêmes »... «le monde objectif» En rapprochant ces deux expressions, chercher à exprimer de quelle autre manière on pourrait considérer les choses. Aidez-vous du sens du mot objectif et des phrases suivantes : «je sous-entends un témoin...mon rapport avec les choses.» réponse : Précisément c'est aux choses elles -mêmes, au monde objectif que le philosophe va comparer les choses «telles qu'elles sont vues par un sujet", par un témoin, par une conscience qui se souvient du passé (au pied du glacier) voit le présent (ici, devant moi) et imagine l'avenir (l'estuaire où la rivière se jettera)

3. Mettez sous forme de tableau ce que croit l’opinion et ce que pense le philosophe.

en rouge, le discours implicite, en vert les explications déduites de ce discours

L’OPINION

ON CROIT QUE...

LE PHILOSOPHE

MAIS EN REALITE...

On dit que le temps passe ou s’écoule. On parle du cours du temps.

Cette métaphore est très célèbre.

Le philosophe ne dit pas que le temps passe ou s’écoule. Il ne parle pas du cours du temps. Cette célèbre métaphore est en réalité très confuse.

L’eau que je vois passer s’est préparée, il y a quelques jours dans les montagnes, lorsque le glacier a fondu ; elle est devant moi à présent, elle va vers la mer où elle se jettera.

j’imagine que l’eau que je vois passer s’est préparée lorsque le glacier a fondu devant un témoin; elle est devant moi à présent, j’imagine qu’elle va vers la mer où elle se jettera devant un témoin.

Si le temps est semblable à une rivière, il coule du passé vers le présent et l’avenir. Le présent est la conséquence du passé et l’avenir la conséquence du présent.

Mais le temps n’est pas semblable à une rivière, il ne coule pas du passé vers le présent et l’avenir. Le présent n’est pas la conséquence du passé et l’avenir la conséquence du présent. Le présent est ?

Car, en ne considérant pas les choses elles-mêmes, la fonte des neiges et ce qui en résulte paraissent être des événements successifs, ou plutôt on croit que la notion même d’événement a place dans le monde objectif.

Car, à considérer les choses elles-mêmes, la fonte des neiges et ce qui en résulte ne sont pas des événements successifs, ou plutôt la notion même d’événement n’a pas de place dans le monde objectif.

je ne sous-entends pas un témoin, et je ne compare pas ses vues successives...

Quand je dis qu’avant hier le glacier a produit l’eau qui passe à présent, je sous-entends un témoin, assujetti à une certaine place dans le monde et je compare ses vues successives...

Le temps est, croit-on, un processus réel, une succession effective que je me borne à enregistrer.

Le temps n’est donc pas un processus réel, une succession effective que je me bornerais à enregistrer.

Il ne naît pas de mon rapport avec les choses. Il est indépendant de moi. Il existe hors de moi.

Il naît de mon rapport avec les choses. »

 

 

Par Dephi - Publié dans : Corrigé des exercices - Communauté : Philosophie académique
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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 18:56

 

1. « Cette façon de penser passe pour...» Caractérisez cette démarche. Cherchez des expres­sions équivalentes exprimant la même démarche. Réponse: Cette démarche est ce qu'on appelle en français une tournure modalisatrice, qu'on s'exprime avec d'autres expressions telles que: «on tient pour...on considère comme...il apparaît que...il semble que...on croit que...» En philosophie, on nommera cette démarche une distanciation critique. C'est la démarche par la­quelle le philosophe après avoir exprimé l'expression, introduit sa correction.

2. « Combien d’actions n’accomplit-on pas, non pour... mais parce qu’elles... »

Que fait Nietzsche ici? Quel connecteur logique pourrait-on établir entre cette phrase et la précédente ? Réponse: Nietzsche problématise, càd il pose une question qui invite le sens commun à réfléchir sur ses actions et sur son critère de marque de caractère. Le connecteur logique qui pourrait lier les deux phrases serait un « mais » adversatif, un « pourtant »

3. Relevez les valorisations de cette phrase. (cf méthodologie de l'étude de texte pour cette recherche des valorisations. En rouge les termes péjoratifs, en bleu, les termes mélioratifs, en vert les termes neutres contaminés par les mots dépréciatifs, car il est difficile par ordinateur de mettre des + ou des – au dessus des mots!) Combien d’actions n’accomplit-on pas, non pour les avoir choisies comme les plus raisonnables, mais parce qu’elles ont engagé d’une façon ou d’une autre notre ambition et notre vanité au moment où elles nous sont passées par l’esprit, si bien que nous n’en démordons pas et les accomplissons aveuglément !

5. Quel paradoxe se trouve énoncé dans le second paragraphe ? (La recherche des valorisations peut vous aider à répondre.) Réponse:Le paradoxe est que l'opinion se trouve confirmée dans son analyse puisque cette persévérance acharnée dans une action fruit d'un choix aveugle les conforte dans leur force et leur bonne conscience. Rien ne vient leur indiquer leur erreur de choix et de critère de marque de caractère.

4. Rendez explicite, sous forme de tableau (dit, non-dit) le discours implicite de l’auteur (1er §).

Réponse:En rouge, le discours implicite, en vert, les explications déduites de ce discours)

L’OPINION

ON CROIT QUE...

LE PHILOSOPHE

MAIS EN REALITE...

«  Ce que j’ai une fois dit, je le fais. »

«  Ce que j’ai une fois dit, je le fais. »

Cette façon de penser ne passe pas pour une marque de caractère.

Cette façon de penser passe pour une marque de caractère.

Elle est une marque de caractère.

En réalité elle n’est pas une marque de caractère. La véritable marque de caractère, c’est ?

actions accomplies, choisies non comme les plus raisonnables,

actions accomplies, choisies comme les plus raisonnables,

mais parce qu’elles ont engagé notre ambition et notre vanité

non parce qu’elles ont engagé notre ambition et notre vanité,

mais parce qu’elles engagent mes choix personnels volontaires

au moment où elles nous sont passées par l’esprit,

non au moment où elles nous sont passées par l’esprit,

mais parce qu’elles ont été mûrement réfléchies

si bien que nous n’en démordons pas et les accomplissons aveuglément !

si bien que nous en démordons et nous ne les accomplissons pas aveuglément !

si bien que nous les accomplissons avec lucidité et savons nous adapter

Ainsi elles augmentent chez nous la foi en notre caractère et notre bonne conscience, et donc, dans l’ensemble, notre force ;

Ainsi elles augmentent chez nous la foi en notre caractère et notre bonne conscience, et donc, dans l’ensemble, notre force ;

tandis que le choix de l’action la plus raisonnable possible entretient en nous le scepticisme envers nous mêmes et par conséquent un sentiment de faiblesse.

tandis que le choix de l’action la plus raisonnable possible n'entretient pas en nous le scepticisme envers nous mêmes et par conséquent un sentiment de faiblesse.

 

En réalité, les choix de l’opinion augmentent la méconnaissance de soi, de la marque de ca­ractère. Cela fait le malheur de l’homme. C’est la bêtise à tête de taureau, le têtu entêté face à l’homme d’action volontaire, lucide et souple

Par Dephi - Publié dans : Corrigé des exercices - Communauté : Philosophie académique
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 13:21

 

1. « La coutume de voir les rois accompagnés...fait que »Caractérisez la démarche entreprise par Pascal.

réponse : Pascal ici analyse la réalité sociale en examinant les effets de la coutume produits sur les courtisans par le spectacle qu'offrent le roi et sa suite.

2. « parce qu’on ne sépare point dans la pensée leurs personnes d’avec leurs suites, qu’on y voit d’ordinaire jointes....»Que fait ici Pascal ? réponse : Pascal met en évidence les mécanismes psychiques inconscients, le réflexe conditionné faisant inconsciemment associer le roi à sa suite.

3. « De là viennent ces mots...» réponse :Pascal cite une des expressions entendue dans le cercle des mondains, il fait une analyse génétique lui permettant de lier la cause, le phénomène du réflexe conditionné à son effet, l'expression.

Comment peut-on appeler ce travail intellectuel auquel se livre ici Pascal ?réponse : Pascal

mène une démarche d'analyse critique d'une opinion courante.

4. «  le caractère de la divinité est empreint sur son visage, etc. »Que remet-il en cause ? réponse : Pascal remet en cause l'essence du roi qui serait d'une nature supranaturelle, divine et par-là la sacralisation du pouvoir.

5. Transposez la démarche de Pascal : expliquez, en donnant des exemples, pourquoi, au XX siècle, on aurait eu et aujourd’hui on a besoin d’opérer la même analyse que Pascal. réponse :cf l'introduction du texte de Pascal in démarche d'analyse critique d'une opinion courante

6. Dégagez le non-dit sous forme de tableau.(cf dans la méthodologie de l'étude de texte, la manière dont on construit ce tableau. En rouge, le discours implicite, en vert, les explications déduites de ce discours)

 

L'opinion

Le philosophe

Elle ignore avec qui elle est, avec quels compagnons elle vit.

Il sait qui il est, avec qui il vit. Il analyse la réalité, démonte ses mécanismes.

La coutume de...ne fait pas...(parce qu'on ignore le mécanisme)

La coutume de...fait que...parce que...

 

Le monde ne sait pas que cet effet vient de la coutume

Le philosophe sait que cet effet vient de la coutume

Le monde croit qu'il vient d'une force supranaturelle

Le philosophe ne croit pas qu'il vient d'une force supranaturelle. Il sait qu'il vient d'un conditionnement psychosociologique.

De là viennent ces mots: « le caractère de la divinité est empreint sur son visage »

De là viennent ces mots: « le caractère de la divinité n'est pas empreint sur son visage » « le caractère de l' humanité est empreint sur son visage »

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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 17:32

 

Questions

 

1.«Il y a un principe du doute consistant dans…» Caractérisez la démarche entreprise ici par Kant. Relevez dans la suite du texte les termes qui expriment une démarche semblable.

réponse: Cette démarche est d'abord un jugement de réalité, plus précisément un jugement d'existence (Il y a...il existe), mais aussi un jugement d'essence, une démarche de conceptualisation. On s'attend à ce que Kant énumère les éléments constituant ce principe (il consiste en ceci, ceci et cela...) Kant entend préciser la nature des notions dont il parle. Il a une volonté d’expliquer ce que recouvrent les termes. On peut repérer dans le texte les termes qui expriment cette volonté de préciser les notions. «si l’on entend seulement par là… », «Cette méthode est donc à proprement parler », «procédé critique par quoi il faut entendre» «méthode de philosophie qui consiste à». Repérez ces formulations, on attend de vous dans vos dissertations ce même souci de clarté et de précision.

2. Quelles sont les autres activités philosophiques auxquelles se livre Kant dans l’ensemble de ce texte ?

réponse: Kant fait des jugements de réalité, jugement d’existence (il y a), et jugement d’essence (cette méthode est…), mais aussi des jugements de valeur (c’est nuisible…c’est utile et opportun), et l’ensemble de sa démarche est une analyse distinctive. Kant distingue scepticisme et méthode sceptique.

3. Caractérisez les deux sortes de doute distinguées par Kant. Cherchez quels sont les philosophes qui ont particulièrement utilisé l’un ou l’autre de ces doutes.

réponse : Approfondissons la différence entre le scepticisme et la méthode sceptique. Dans le scepticisme, on doute afin de rendre les connaissances incertaines. Le doute est ici employé comme fin. On doute pour douter. Dans la méthode sceptique, au contraire, on fait comme si les connaissances étaient douteuses, on utilise le doute comme moyen dans le but de parvenir à cette fin, la vérité. On doute pour échapper au doute en parvenant à la certitude. Le doute cartésien diffère fondamentalement du doute sceptique orienté vers la suspension permanente du jugement. Pour Descartes, le doute est méthodique, càd il est un chemin vers la vérité (méta hodou) de la mise en doute des opinions doit surgir la certitude la plus pure, celle précisément qui lui résistera. Le scepticisme peut être une attitude critique prudente, voire recommandable s’il en appelle à notre vigilance pour éviter le dogmatisme. Cela n’empêche pas de continuer à croire, ni d’agir. Tel est ce que Hume appelle le « scepticisme mitigé et humainement praticable distinct du scepticisme outré et pyrrhonien » Enquête sur l’entendement humain, section XII. Le scepticisme de Pyrrhon utilise un doute absolu qui consiste à tout nier, à ne rien admettre. Le sceptique prétend qu’on ne peut rien connaître avec certitude. Il se contente de suspendre son jugement et adopte l’attitude du doute permanent et universel.


    Le doute sceptique a été déterminé par Pyrrhon, et utilisé par Sextus Empiricus, Montaigne, Hume, Russell l'ont également utilisé. Quant à ce que Kant appelle la méthode sceptique, cela renvoie au doute exagéré de Descartes, doute que Husserl a repris d'une certaine manière dans ses Méditations cartésiennes par son épochè, sa suspension du jugement et sa mise entre parenthèse du monde du savoir.

Question 

 

Par Dephi - Publié dans : Corrigé des exercices - Communauté : Philosophie académique
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Jeudi 8 avril 2010 4 08 /04 /Avr /2010 11:58

 

1 PASCAL, PENSEES, fr. 308.

«  La coutume de voir les rois accompagnés de gardes, de tambours, d’officiers, et de toutes les choses qui ploient la machine vers le respect et la terreur, fait que leur visage, quand il est quelquefois seul et sans ces accompagnements, imprime dans leurs sujets le respect et la terreur, parce qu’on ne sépare point dans la pensée leurs personnes d’avec leurs suites, qu’on y voit d’ordinaire jointes. Et le monde, qui ne sait pas que cet effet vient de cette coutume, croit qu’il vient d’une force naturelle ; et de là viennent ces mots : «  le caractère de la divinité est empreint sur son visage, etc. »

QUESTIONS

1. «La coutume de voir les rois accompagnés...fait que»

Caractérisez la démarche entreprise par Pascal

2. «parce qu’on ne sépare point dans la pensée leurs personnes d’avec leurs suites, qu’on y voit d’ordinaire jointes....» Que fait ici Pascal?

3. «De là viennent ces mots...»

Comment peut-on appeler ce travail intellectuel auquel se livre ici Pascal?

4. «le caractère de la divinité est empreint sur son visage, etc.» Que remet-il en cause?

5. Transposez la démarche de Pascal : expliquez, en donnant des exemples, pourquoi, au XX siècle, on aurait eu et aujourd’hui on a besoin d’opérer la même analyse que Pascal.

6. Dégagez le non-dit sous forme de tableau.

L’opinion croit que

Le philosophe pense que

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